samedi 6 juin 2015

SOFIA BOLT, CLEA VINCENT, MALVINA MEINIER… QUAND LES ANGES S’EN MELENT… UNE RELEASE PARTY A LA CROISEE DES CHEMINS


Une douce soirée de printemps… non loin de ce carrefour ferroviaire et humain parisien… Chatelet-les-Halles. Résultante d’une prouesse architecturale d’antan, l’église Saint-Eustache se dresse là, devant moi, majestueuse et imposante sous l’ondée crépusculaire. 
Un lieu saint, fort d’une belle richesse patrimoniale et que je découvrais pour la première fois. C’est donc le cœur ébloui par tant de beauté et de solennité que je déambulais le long de la nef. Vous l’ignorez peut-être mais la paroisse accueille en son sein depuis quelques années déjà, formations philarmoniques, chœurs et festivals prestigieux. 
Mais la programmation ne s’arrête pas là : Camille, Laurent Voulzy ou Patty Smith y ont fait, par le passé, quelques vocalises.
Sans oublier l’évènement consacré depuis sept années déjà et ce, à l’occasion de la fête de la musique : les 36 heures de Saint-Eustache ! 36 heures de musique ininterrompue mêlant chorale d’enfants, orgue, rock, électro, jazz… L’église Saint-Eustache n’en était donc pas à son premier concert. Pourtant le triptyque musical 100% féminin annoncé ce soir-là promettait une réelle surprise et la certitude que seules les statues resteraient de marbre.
Devant nous, une scène… un nombre incalculable de chaises et une foule qui afflue, prenant place dans l’attente des premières notes. Vient l’heure des dernières mises au point… Puis celui du silence… Sofia Bolt, artiste franco-américaine à la musicalité électrostatique vient de faire son entrée accompagnée de ses musiciens rencontrés au détour des Open Mic du Pop In dans le 11ème. Premiers accords… Une claque ! Un sourire aux lèvres, je déguste alors ce cocktail explosif régalant mes papilles auditives d’un son électrique oscillant entre tempérance voluptueuse et impétuosité démesurée
Nous plongeant dans les réminiscences d’un premier opus Honey Monster Love à la controverse électronique, Sofia Bolt livre, à l’occasion de la sortie de son nouvel EP Strange Reactions, un petit bijou empreint d’une dynamique blues rock à l’émotion électrisante, symbolique d’un véritable coup de foudre musical. Duel de guitares enflammées, batterie en furie, chœurs, flot puissant… Le groupe nous offre un moment exaltant dont la symbiose vocale et instrumentale enivre une scène survoltée pour l’occasion.
Une pause… de nouveaux instruments… Les prémices d’un nouvel univers. Cléa Vincent à la candeur inavouée et fragile nous prend par la main tout en nous invitant à la suivre dans une ronde incessante peuplée d’histoires issues, pour la plupart, d’un EP décliné en diptyque Non mais oui à l’assonance frenchpop et rafraichissante. Les claviers à l’outrecuidance 80-90’s apporte ce regain de nostalgie qui se prête à toute comptine ou récit accentué par un flot électronique. 
Et que dire de ces notes de percussions, de trompettes à la pulsation brésilienne, de ces chœurs masculins… qui instillent ce petit grain de folie punchy intensifiant des paroles à la portée émotionnelle touchante voire à l’humour fantaisiste.
Nouvel intermède… un zeste de décor, une scénographie qui diffère.  D’une noblesse intergalactique, Malvina Meinier investit les lieux sous les grondements impérieux et sombres d’un orchestre de cuivres. Nul bruit dans l’assistance. Saint-Eustache et son irréprochable acoustique magnifie cette voix aérienne, cette ligne mélodique à la mouvance bjorkienne  et dont l’emprise sur le public reste certaine. 
Son chant, bientôt rejoint par l’union vocale d’un chœur féminin, renforce une dimension onirique, surréaliste latente. Home, dernier opus de la jeune artiste à la silhouette évanescente argentée nous entraine dans les méandres d’un voyage interstellaire à la découverte d’une constellation, d’un cosmos dont l’appréhension reste encore à démontrer… Cuivres, orgues, chœur, tables de mixage, synthé… Une subtile alliance entre classique et électro.
Trois concerts… trois univers qui diffèrent et séduisent.
La soirée touche à sa fin et pourtant, un ultime présent nous est destiné. Sofia Bolt, Cléa Vincent et Malvina Meinier unissent leurs voix pour un dernier et magnifique chant a cappella : The Lamb du regretté compositeur britannique, Sir John Kenneth Tavener, création inspirée d’un poème de William Blake. Un hommage vibrant, empreint d’un souffle de spiritualité. Le temps s’arrête… L’église vibre sous les applaudissements… Une révérence parfaite.

Chantal Goncalves

Set List de Sofia Bolt :
Wind
Andy
Animals
You’re Red
Orangina
Cry Baby
Digging
Stories
Roads
Fight me off
Honey MonsterLove

Set List de Cléa Vincent :
Ton voyage est fini 
Méchant loup
J'my attendais pas
Amanda
Non mais oui
Achete le moi
Retour de l'homme
Retiens mon désir
Après le soleil
Château perdu 

Set List de Malvina Meinier :
Here
Matter
Mother
Home
Continent
Valhalla
Covered in Silence
Present
Waverer
Constellation
Sound of Sun